AuteurPaula Buswell

Apprendre à apprendre, avec Grégoire Borst

Une série de sept épisodes de dix minutes sur comment apprendre à apprendre: quels sont les mécanismes qui sous-tendent les apprentissages?

Apprendre à apprendre, saison 6 de Votre Cerveau – France Culture.

Grégoire Borst est professeur de psychologie de développement et de neurosciences cognitives de l’éducation, et il nous emmène avec des petites expériences très concrètes à comprendre comment fonctionnent:

  • L’attention
  • La mémorisation
  • L’inhibition et la flexibilité
  • La métacognition
  • La motivation et l’esprit de changement
  • Les émotions

Pour écouter les épisodes de cette série proposée par Votre Cerveau, de France Culture, c’est par ici.

Distribuer la parole en regroupement

Comment distribuer la parole en regroupement. Ou pourquoi je n’interroge pas souvent les élèves qui lèvent la main, et que faire à la place.

Le classique à l’école, c’est « on lève la main pour parler ». C’est une méthode qui peut être très efficace pour distribuer la parole aux enfants qui lèvent la main. Et c’est bien là sa plus grande limite.

A quoi sert le regroupement en maternelle

Les regroupements sont des moments clés dans la journée et la vie d’une classe de maternelle. On y apprend à « faire groupe », à parler devant les autres, à donner son avis et à écouter celui des autres. C’est ici qu’on parle de ce qu’on va faire, de ce qu’on a fait. En regroupement, on écoute des histoires et on y apprend des nouveaux mots.

Ce sont des moments ou les élèves travaillent sur plusieurs compétences.à la fois, et acquièrent beaucoup de connaissances! Il est très important que ce soient des moments propices aux apprentissages pour tous.

Cela implique que:

  • L’ambiance doit être relativement calme, sans interruptions.
  • Tous les élèves doivent se sentir concernés, participer.

Maintenant que la mission est claire, on va voir comment on peut s’y prendre!

Pourquoi appeler les enfants qui lèvent la main ne marche pas

Un enfant de maternelle est attentif quand il est intéressé et se sent concerné par ce qui se passe. Leur cerveau étant encore en cours de maturation. Beaucoup n’ont pas encore cette capacité que nous avons, adultes, à rester assis calmement en attendant que ça se passe quand ça ne nous intéresse pas trop.

Pour la plupart des enfants, soit ils sont activement engagés dans l’activité, soit ils sont en train de rêvasser ou de déranger.

Comme vous vous adressez à 25 enfants simultanément, c’est difficile de garder tout le monde activement engagé en tout temps. Lors d’un regroupement, il y aura toujours des élèves qui vont penser à autre chose à un moment donné. Ils vont voir le tshirt à paillettes de leur camarade et avoir envie de le toucher, ils vont sentir un besoin incompressible de bouger. Ou ils vont partir dans leur merveilleux monde intérieur et lutter contre des dinosaures. Ces enfants là, quand vous allez poser une question au groupe, ils ne vont pas lever la main. Pour distribuer la parole en regroupement, il faudra aller les chercher.

Interroger uniquement les enfants qui lèvent la main entretien une boucle de désengagement pour les élèves moins attentifs. Non seulement ils ne sont pas « rappelés à l’action », mais ils sont confortés dans le fait que, sans action de leur part, personne ne viendra demander leur avis et ils peuvent rester dans leurs rêveries.

Appeler un enfant qui commence à se désengager est une excellent moyen de le ramener à l’activité de façon positive, de lu montrer que son avis compte et que vous avez envie qu’il soit « avec vous ». C’est aussi une technique de prévention des comportements hors cadre très puissante, car un enfant qui répond à une question sur le livre qu’on vient de lire, c’est un enfant qui ne papote pas avec son voisin.

Des techniques pour distribuer – vraiment – la parole

La technique la plus simple pour distribuer la parole, qui ne nécessite aucun matériel ou préparation, est simplement de poser la question directement à un enfant. « Inès, tu sais quel jour nous sommes aujourd’hui? ». « Marcus, qu’est-ce que tu vois sur la couverture du livre? Tu crois que ça va parler de quoi? ».

Cela permet d’aller chercher l’enfant qui commence à « partir », ou simplement l’enfant qui est timide et qui ne va pas se proposer spontanément pour répondre. Comme notre but est d’encourager la prise de parole, on prend soin de poser des questions plutôt faciles aux très timides, des questions fermées par exemple. Si prendre la parole devant le groupe est déjà difficile pour eux, on ne va pas ajouter une difficulté en posant une question complexe. Au fur et à mesure qu’ils se sentent plus à l’aise, on commence à les interroger comme tout le monde.

On peut aussi utiliser des techniques de tirage au sort, avec des bâtons où on écrit le prénom des enfants par exemple. On peut ensuite les ranger dans un deuxième pot pour être sûrs d’appeler « tout le monde » à un moment donné.

Quand on a une question simple à poser à tout le groupe, on peut faire le tour, très littéralement. Par exemple « tu viendras déguisé en quoi pour le carnaval? ». Je commence à ma droite et on fait le tour. Pour ce type de question, comme la plupart des enfants on TRES envie de répondre, ce système a l’avantage de réguler l’attente (on sait qu’on va passer, on sait même quand on va passer).

Et puis bien sûr, quand un enfant lève la main désespérément en se tortillant dans tous les sens car il a très envie d’ajouter quelque chose, on peut aussi l’appeler! L’important est simplement de ne pas laisser quelques enfants dominer 90% du regroupement.

En quelques mots, ce qu’on peut garder en tête pour distribuer la parole en regroupement:

  • Nous avons besoin de garder tous nos élèves engagés pendant le regroupement.
  • Quand on interroge un élève qui lève la main, on sollicite un enfant qui était déjà engagé dans l’activité.
  • Interroger les élèves qui se désengagent est un moyen très efficace de les ramener dans l’activité.
  • Choisir les élèves qu’on interroge plutôt que leur dire de lever la main nous permet de distribuer la parole à tous, pas qu’à ceux qui sont spontanément volontaires.

Envie de trouver plus d’idées? Cette vidéo d’Emilie sur le coin regroupement est vraiment super aussi. Et pour mettre en place un système de gestion de classe (et pas que du regroupement!) respectueux et efficace, vous pouvez explorer ces articles par ici.

L’enseignement explicite avec Emilie

❓ L’enseignement explicite, c’est vraiment nouveau??

Oui et non.

➡ L’explicitation dans l’enseignement, on en parle depuis longtemps. Et beaucoup d’enseignants l’utilisent déjà, par-ci par-là ou de façon plus systématique.

↗ Mais il y a un vrai regain d’intérêt pour cet enseignement plus structuré, où l’élève est accompagné pas à pas dans ses apprentissages.

➡ Et surtout, un questionnement, une envie d’aller plus en profondeur et montrer que c’est l’essence de cette méthode qui fait la différence, et non pas le suivi figé des étapes.

Je propose aujourd’hui de partir à la découverte de l’explicitation et l’enseignement explicite avec Emilie Le Phat Tan.

🎧 25 minutes de podcast pour découvrir ou refaire le point:

🔸 Non, il n’y a rien de « nouveau », mais cela ne veut pas dire qu’on le fait tous naturellement, au contraire!

🔹 Oui, c’est structuré, mais cela ne veut pas dire que c’est un enseignement magistral et figé.

🔸 Non, pas besoin d’utiliser que cette méthode, tout le temps et pour toutes les apprentissage.

🔹 Mais oui, il faut la connaître et l’utiliser très souvent!

🔷 Ce qui compte le plus, ce n’est pas de suivre « les étapes », c’est le travail d’explicitation tout le long de la séance.

💟 Comme toujours avec Emilie, c’est très clair, c’est agréable à écouter et c’est plein d’informations concrètes.

A vos écouteurs!

Les fonctions exécutives chez l’enfant

Que savons nous aujourd’hui sur les fonctions exécutives chez l’enfant?

L’Association d’éducation préscolaire du Québec propose un très bon résumé dans ce document.

Définition des fonctions exécutives

« Les fonctions exécutives sont des habiletés cognitives de haut niveau qui permettent à l’enfant de contrôler ses pensées et ses comportements afin d’atteindre un objectif. »

Nous pouvons en distinguer quatre:
  • La mémoire de travail – la capacité à garder des informations en mémoire pour pouvoir les utiliser ou manipuler.
  • Le contrôle inhibiteur – la capacité à contrôler ses actions, résister aux distractions
  • La flexibilité cognitive – la capacité à modifier son point de vue, se développe grâce à la mémoire de travail et du contrôle inhibiteur
  • La planification – arrive plus tard, c’est la capacité à prévoir et structurer les différentes étapes pour accomplir une tâche.
Comment elles se développent:
  • Elles sont interreliées et s’influencent les unes les autres.
  • Leur développement commence à la naissance et va jusqu’à l’âge adulte. Un enfant a donc ces capacités, mais pas aussi développées que chez les adultes.
  • Les années de maternelle sont un moment particulièrement important dans leur développement.
  • La variabilité quant aux habiletés liées aux fonctions exécutives entre individus est importante, se ressent dès l’enfance et tient bon dans le temps.

La recherche n’a pas encore pu démontrer de façon claire ce qui pourrait aider les enfants qui présentent des fonctions exécutives moins efficaces à les développer. Il semblerait que les actions ponctuelles ciblant ces fonctions ne soient pas très efficaces. Les situations complexes comme le jeu semble être une piste intéressante pour le développement des fonctions exécutives pour tous les enfants.

A l’école, il est intéressant d’identifier les situations dans lesquelles les fonctions exécutives des enfants sont fortement sollicitées pour adapter ces situations. Accompagner les enfants qui en ont le plus besoin est aussi une intervention efficace.

Plus de détails dans le document!

L’enseignement explicite

Si vous vous intéressez à l’enseignement explicite – et j’espère que vous vous y intéressez! – cette conférence de Steve Bissonnette est vraiment une mine d’informations très concrètes pour comprendre la démarche et pour la mettre en place en classe. 

Que font les écoles efficaces, celles qui arrivent à faire réussir les élèves “vulnérables”?

La recherche nous montre que ce sont des écoles où les pratiques d’enseignement sont uniformes, et comportent certains ingrédients clés. 

  • Un enseignement structuré en étapes séquencées et fortement intégrées
  • Un enseignement qui cherche à éviter l’implicite et le flou qui pourrait nuire à l’apprentissage

Ce sont bien des ingrédients clés, et non pas une recette unique à suivre pas à pas. Il est important que chaque enseignant colore la recette avec sa personnalité, sa créativité, son humour. 

Globalement, ces stratégies passent par les actions de dire, de montrer, de guider les élèves dans leur apprentissage.

  • Dire au sens de rendre explicites pour les élèves les intentions et objectifs visés dans la leçon
  • Dire aussi au sens de rendre explicite et disponibles pour les élèves les connaissances antérieures dont ils auront besoin
  • Montrer, au sens de rendre explicite pour les élèves, en exécutant le raisonnement suivi à haute voix (ce que l’on fait pour résoudre la tâche) 
  • Guider, au sens de chercher à ce que les élèves rendent explicite leur raisonnement implicite en situation de pratique
  • Guider au sens de leur fournir une rétroaction appropriée afin qu’ils construisent des connaissances adéquates avec que les erreurs ne se cristallisent dans leur esprit

Les étapes d’un enseignement explicite

  • La mise en situation
    • Objectif d’apprentissage
    • Activité
    • Rappel des connaissances antérieures
  • L’expérience d’apprentissage
    • Modelage – l’enseignant montre en rendant explicite le raisonnement
    • Pratique guidée avec feedback/rétroaction
    • Pratique autonome, également avec rétroaction!
  • L’objectivation
    • Synthèse des éléments essentiels à retenir
  • Consolidation
    • Devoirs et révisions hebdomadaires et mensuels

J’apprécie fortement la nuance vers la fin, ou Steve Bissonnette nous rappelle que non, il n’y a pas besoin d’utiliser que l’enseignement explicite en classe. Certains élèves n’en ont pas besoin, certains sujets non plus.  Mais il y a des ingrédients très faciles à incorporer dans le quotidien et qui augmentent grandement l’efficacité de l’enseignement, surtout pour les élèves qui en ont le plus besoin. 

La vidéo est très concrète, et très agréable à regarder, donc à vos popcorn!`

Et quand vous serez séduits, rendez-vous ici pour découvrir l’enseignement explicite des comportements!

Apprendre à patienter

J’ai une petite phrase magique que j’utilise pour apprendre à patienter à mes élèves: “On va chauffer notre contrôle inhibiteur« . Cela marche à tous les coups, donc je partage avec vous la technique… que vous pouvez bien sûr adapter à votre sauce!

Trois étapes pour la mettre en place :

1. Comprendre le contrôle inhibiteur:

Le contrôle inhibiteur est un processus cognitif qui nous permet d’inhiber certains automatismes et de résister à la tentation. Il désigne ainsi la capacité d’un enfant à réguler ses réactions impulsives, à arrêter ou à freiner ses comportements spontanés. Il va permettre à nos petits élèves de:

  • Arrêter avant d’agir impulsivement
  • Suivre les règles
  • Ecouter attentivement

La difficulté, est que le cerveau de l’enfant en maternelle est encore en plein développement, et son contrôle inhibiteur n’est pas encore aussi « performant » que le nôtre. C’est donc tout à fait normal que ces tâches d’inhibition de leurs envies et impulsions soient plus difficiles pour eux.

Cela ne veut pas dire qu’il faut baisser les bras et dire « de toute façon à 4 ans ils ne savent pas attendre leur tour de parole… ». Bien au contraire! C’est parce que leur cerveau est en plein développement que c’est le moment idéal pour leur apprendre à l’utiliser à leur avantage, leur apprendre donc à patienter, par exemple!

2. Expliquer tout cela à vos élèves:

Voici comment je l’ai fait:

J’ai installé mes élèves de Moyenne Section en regroupement. Après avoir “localisé” notre cerveau et parlé un peu de “à quoi ça sert”, nous sommes rentrés dans le vif du sujet. Je leur ai dit que c’est normal d’avoir envie de faire plein de choses qu’on ne peut pas faire, ou à un moment où on ne peut pas les faire. Et qu’il est difficile de ne pas les faire, parce que notre cerveau est très fort pour nous aider à faire des choses!

J’ai aussi dit que leur cerveau a une partie bien spéciale, le cortex préfrontal, tout devant, qui a des pouvoirs incroyables. C’est là qui se trouve notre contrôle inhibiteur, la partie de leur cerveau qui nous dit parfois: “Non! Il faut pas faire ça!”. Quand on a quatre ans, cette partie du cerveau est encore en train de grandir et n’arrive pas toujours à parler très fort. Donc qu’il faut être très concentré pour l’entendre. Et que pour aider notre contrôle inhibiteur à nous aider à patienter, rien de mieux que bien le chauffer quand on sait qu’on en aura besoin!

3. Mettre en action au début de chaque regroupement:

Je commençais ainsi chaque regroupement avec la même phrase: “Je vais vous poser des questions, vous allez tous avoir envie de répondre. Mais il faudra attendre d’être appelé. Alors on va chauffer notre contrôle inhibiteur pour qu’il nous aide à patienter”. Et on se frottait le front.

Et ça marchait. Les élèves était plus attentifs, il y avait moins d’interruption. Quand un enfant coupait la parole à un autre, je le regardais en frottant mon front. Une fois sur deux, le message passait: il se taisait et frottait son front aussi, puis levait la main.

Certes, c’est faux: se frotter le front ne “chauffe” pas le cortex préfrontal, et encore moins le contrôle inhibiteur. Ce rituel fonctionne parce qu’on est complètement dans la prévention, et il combine:

  • Un rappel très explicite du comportement attendu
  • Une technique pour aider les élèves à patienter
  • Le sentiment d’être capable: les élèves croyaient dur comme fer qu’avec leur contrôle inhibiteur “chauffé”, ils seraient capables d’attendre leur tour.

Même si j’ai un peu joué avec les mots et les concepts, le message profond que je voulais passer était: Il y a une partie de ton cerveau qui t’aide à résister face aux tentations du monde. Et tu peux apprendre à l’utiliser.

Expliquer aux enfants comment fonctionne leur cerveau, c’est leur donner les clés pour qu’ils arrivent à se concentrer, à patienter, à mémoriser, à persévérer, à se corriger, à réguler leurs émotions, à apprendre. Et ils adorent!

Les bases du développement des 3-10 ans

Une heure pour découvrir les bases du développement des 3-10 ans, dans un entretien décontracté et riche en informations avec Héloise Junier, docteure en psychologie. 

  • L’importance grandissante que prennent les amitiés
  • L’entrée à l’école maternelle, le passage à l’école primaire
  • Le développement des capacités de décentration de l’enfant, et de leur capacité à mentir qui va avec 🙂

Autant de sujets abordés avec bonne humeur, j’ai aimé écouter en tant que maman et enseignante. 

C’est chez La Matrescence, par ici: 

Pour découvrir d’autres épisodes de podcast en lien avec l’enfance, l’éducation et la parentalité, n’hésitez pas à consulter la page Ressources – podcasts.

Aider son enfant dans sa relation aux autres

Comment aider son enfant dans sa relation aux autres, notamment en cas d’harcèlement scolaire?

Un super épisode du podcast la Matrescence, avec Emmanuelle Piquet, psychopraticienne.

Quelques points clés qui me semblent très pertinents:  

Pour les parents:
  • L’importance d’outiller notre enfant pour qu’il puisse être acteur dans ses relations. Accompagner les moments plus compliqués, ce n’est pas faire à leur place, mais bien les aider à gérer seuls la situation, à travers des échanges, des jeux de rôle, en leur montrant notre confiance en eux. 
  • La difficulté, mais la nécessité aussi, d’accepter les choix de nos enfants. Un enfant peut choisir de rester dans une relation déséquilibrée. Tout comme nous, adultes, choisissons parfois de le faire. Quand ces choix sont faits de façon éclairée et ne mettent pas l’enfant en danger, les respecter c’est aussi montrer à l’enfant qu’on leur fait confiance. 
Pour les professionnels d’école, de crèche…
  • Des relations asymétriques, déséquilibrées, peuvent s’installer très tôt, dès la crèche. Peu importe si on rempli on non tous les critères de l’harcèlement (ce n’est pas de l’harcèlement à 2 ans…), ce qu’importe est de savoir s’il y a souffrance. Si un enfant souffre dans une relation, alors on doit l’aider. 
  • Dans les relations plus toxiques, notamment avec domination, moqueries… l’importance d’outiller l’enfant qui est victime. L’intervention la plus efficace est de donner à cet enfant les outils pour qu’il sorte de cette relation, pour qu’il prenne sa part de pouvoir dans le duo. Les interventions qui ciblent l’enfant ou les enfants harceleurs sont beaucoup moins efficaces, et souvent ne marchent que quand les adultes sont présents. 

Envie d’en savoir plus, avec des exemples concrets et beaucoup de bonne humeur? C’est par ici: 

Pour découvrir d’autres épisodes de podcast en lien avec l’enfance, l’éducation et la parentalité, n’hésitez pas à consulter la page Ressources – podcasts.

Apprendre à réguler les émotions, concrètement

Dans une classe de maternelle, l’énergie et l’excitation montent vite. Parfois c’est très joyeux mais un peu trop bruyant.  Parfois des frustrations ou disputes commencent à se multiplier. 

Apprendre à nos élèves à réguler leurs émotions est un puissant levier pour retrouver un peu de calme, et ainsi favoriser le bien être de tous et les apprentissages

Dans cet article nous abordons la régulation émotionnelle en maternelle en trois étapes:

  1. Définition de régulation et co-régulation émotionnelle, pour savoir de quoi on parle.
  2. Concrètement, ce qu’on peut faire en classe pour aider nos élèves à réguler leurs émotions
  3. L’importance de l’auto-régulation de nos émotions.

Régulation et co-régulation émotionnelle

La régulation émotionnelle, c’est notre capacité à agir sur nos propres émotions.

La co-régulation émotionnelle, c’est quand on le fait à deux, ou à plusieurs.

C’est en partie un processus automatique, où l’état émotionnel des uns influence l’état émotionnel de ceux qui l’entourent. Cela explique pourquoi un enseignant calme et posé va “transmettre” cet état d’esprit à ses élèves. Et pourquoi il est si difficile de rester calme et posé face à une classe agitée et bruyante.

Mais c’est aussi un processus volontaire, où nous pouvons accompagner une personne dans la régulation de ses émotions. Cela se fait en régulant nos propres émotions, et/ou à travers des actions ciblées qui vont aider l’autre à réguler ses émotions. 

Concrètement, comment faire?

Les élèves de maternelle ont très peu de connaissances sur les émotions et sur ce qu’ils peuvent faire pour agir dessus. Leur cerveau encore en développement est aussi moins équipé que le nôtre pour gérer les situations d’émotion forte. 

Nous allons donc agir sur ces deux points: leur apprendre ce qu’est une émotion, mais aussi leur apprendre comment les réguler. 

Leur expliquer comment fonctionnent les émotions 

Prendre le temps d’expliquer aux enfants que, quand on ressent une émotion très forte, il est difficile de réfléchir à ce qu’on doit faire, on fait les choses sans y penser et sans toujours réussir à penser aux autres. Mais aussi leur expliquer qu’il y a des choses qu’on peut apprendre à faire pour nous aider à retrouver un peu de calme. Il me semble très important de transmettre à l’enfant l’idée qu’il a un pouvoir sur une partie de ses émotions. 

Voici une belle vidéo qui peut vous aider à aborder le sujet en classe: Le cerveau dans la main.

On apprend encore peu aux enfants qu’ils ont un pouvoir sur leur état émotionnel. On admet assez naturellement que les enfants sont “submergés par leur émotion” et “ne peuvent pas la contrôler”. Si cela est vrai parfois, la plupart du temps les enfants sont dans des état émotionnels moins marqués, et c’est en s’entraînant qu’ils vont apprendre à réguler leurs émotions… et les comportements qui vont avec. 

Des techniques de régulation émotionnelle pour quand ça monte 

  • En faisant avec eux: faire une pause et prendre trois longues respirations, avec un élève ou avec toute la classe, c’est ultra simple et incroyablement efficace. L’important ici est de faire avec eux. Non seulement cela leur apprend à le faire, mais ça va agir sur notre propre état émotionnel aussi. 
  • La respiration est encore un peu “abstraite” pour beaucoup d’élèves en maternelle, passer par des mouvements de corps est alors très efficace: “la respiration du 
  • En modelant la régulation émotionnelle. J’ai souvent arrêté un regroupement pour dire “Oh la vous parlez dans tous les sens, sans s’écouter, cela me stresse. Je vais respirer profondément et compter jusqu’à 10 pour retrouver mon calme”. Cela prend littéralement 15 secondes, me permet de retrouver mon calme, et bonus, beaucoup d’enfants le faisaient automatiquement avec moi…

Des techniques dans le quotidien de classe

Au-delà de ces utilisations “en urgence”, quand on a besoin d’aider des élèves à retrouver un état plus calme de suite, il peut être très utile d’incorporer ces techniques à notre quotidien

  • On peut commencer tout regroupement par 3 grandes respirations
  • On peut faire quelques étirements, rotation de tête ou d’épaules ensemble avant de partir en ateliers: ça détend les muscles et les esprits, et aide tout le monde à focaliser l’attention. 
  • On peut fermer les yeux et écouter une musique douce pendant une minute en retour de récréation. Si on sent que le groupe est trop agité pour cela, leur proposer d’écouter un morceau doux en bougeant sur le rythme, puis baisser le son petit à petit jusqu’à arriver à un état presque immobile, et respirer un grand coup. 

Ces ritualisations ont deux avantages: 

  • Ils vont détendre l’ambiance et les esprits petit à petit, avant que ça ne monte trop. Quand on prend soin de dire à notre cerveau “tout va bien, relax” plusieurs fois par jour, un état d’esprit de base plus serein peut s’installer, et au niveau de toute une classe, cela change la donne. Prévenir est plus simple que corriger!
  • Les élèves prennent l’habitude, ils apprennent à se détendre en bougeant leur corps ou en prenant des grandes respirations. Cela leur sera utile en moment de “crise”; à l’école comme ailleurs.  

C’est d’autant plus vrai si on explique clairement ce qu’on fait et pourquoi: “On va écouter une musique douce parce que, en rentrant de la récréation, c’est normal que votre corps et votre cerveau soient très agités. Pour pouvoir nous concentrer en classe, on a besoin de les aider à se poser un peu… alors on va écouter la musique et bouger de plus en plus doucement, pour dire à notre cerveau que ça y est, on s’est bien amusés en courant, maintenant on est dans la classe, il faut se poser un peu…”

De l’importance de l’auto-régulation de nos émotions

Ces techniques sont toutes importantes et efficaces, mais le levier principal pour aider vos élèves à réguler leurs émotions est de… réguler les nôtres! Nous sommes l’adulte dans la classe, nous avons un cerveau pleinement développé, et nous avons la responsabilité du bien être et des apprentissages dans notre classe. Alors prenons soin de nous, choisissons les techniques qui fonctionnent pour nous, et appliquons les.  

Et quand on perd le contrôle, que ça explose en classe, on se ressaisit. 

  • On respire dès qu’on peut, on retrouve un tant-se-peut état de calme. 
  • On s’excuse si on a eu des comportements inappropriés (“je n’aurais pas dû crier comme ça, je m’excuse”). 
  • On rappelle nos besoins “quand je sonne la cloche, j’ai besoin que vous arrêtiez votre jeu et que vous rangiez, même si vous n’en avez pas envie. C’est la règle dans notre classe, et cela est très frustrant pour moi quand vous ne la respectez pas”.). 

Et c’est reparti. On a modelé un retour au calme, le fait qu’on peut tous se fait prendre par nos émotions, l’importance d’assumer ses responsabilités, et on a fait un rappel de la règle sans porter jugement sur les enfants. Que du beau chemin parcouru ensemble avec nos élèves!

Découvrir la puissance des bébés

Une heure pour découvrir toute la puissance des bébés et leur incroyable pouvoir d’apprendre. 

Dans cet épisode de Vlan, on découvre un échange passionnant avec Nawal Abboub, chercheuse en neurosciences et en sciences cognitives, spécialisée dans les bébés et l’apprentissage des langues. 

  • Un bébé commence à apprendre sa langue maternelle avant même de naître. 
  • Non, les enfants ne sont pas des éponges. Ils ont une capacité d’apprentissage incroyable car ils analysent, prédisent, calculent… ils sont très actifs! C’est assez incroyable de commencer à comprendre tout ce qui se passe derrière leurs petits yeux qui nous fixent quand on leur parle. 
  • C’est dans l’interaction que le bébé apprend le langage. Parler à un bébé c’est bien, parler avec les bébés, c’est beaucoup plus puissant. Notre cerveau est câblé pour apprendre le langage de façon naturelle, mais cela ne se fait pas “tout seul”. Le langage va se construire en très grande partie en fonction des intéractions qu’aura le bébé puis l’enfant avec son entourage. 

Et si l’écoute de l’interview vous donne envie d’aller plus loin, je recommande vivement le livre de Nawal Abboub “La puissance des bébés”. C’est un plaisir à lire, plein d’informations très riches et présentées de façon très accessible.

Pour découvrir d’autres épisodes de podcast en lien avec l’enfance, l’éducation et la parentalité, n’hésitez pas à consulter la page Ressources – podcasts.